Chaussures de sécurité femme

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Chaussures de sécurité femme : guide de choix, normes et sources d'information

Dossier de référence, mis à jour en 2026

Qu'est-ce qu'une chaussure de sécurité pour femme ?

Une chaussure de sécurité est un équipement de protection individuelle (EPI) destiné à protéger les pieds contre les risques professionnels : chute d'objets, écrasement, perforation, glissade, projection, contact électrique statique. Elle intègre à minima un embout de protection résistant à 200 joules d'impact et 15 kN de compression statique, tel que défini par la norme EN ISO 20345:2022.

La spécificité d'un modèle femme tient à trois éléments anatomiques : la voûte plantaire est en moyenne plus creusée, le talon relativement plus étroit et le drop talon-avant-pied souvent plus marqué. Une chaussure de sécurité femme correctement conçue reprend ces spécificités plutôt que de proposer simplement une chaussure homme en petite pointure, ce qui produit un chaussant instable et à terme des troubles musculo-squelettiques.

La sélection femme s'articule autour de la marque italienne Diadora Utility, avec deux gammes principales :

  • La gamme Athena, déclinée en versions LOW (tige basse) et MID (tige mi-haute), certifiée S3L FO SR ESD selon EN ISO 20345:2022.
  • La gamme Run Net Airbox, également en LOW et MID, certifiée S3S FO SR avec semelle K-SOLE anti-perforation.

Les pointures disponibles couvrent la plage 35 à 48. Les modèles sont conçus au Mondopoint 10 (chaussant modérément large), avec un renfort d'assise plantaire adapté à la morphologie féminine.

La nouvelle classification EN ISO 20345:2022

La norme EN ISO 20345 a été révisée en 2022 avec l'introduction de nouvelles catégories de marquage. Les catégories les plus courantes pour les chaussures de sécurité de chantier et d'atelier sont désormais :

  1. SB : exigences de base (embout 200 joules).
  2. S1 / S1P : SB + arrière fermé, propriétés antistatiques, absorption d'énergie au talon, résistance aux hydrocarbures. Le P ajoute la résistance à la perforation.
  3. S3 : S1P + tige hydrofuge + semelle crampons. Version historique remplacée dans les nouvelles fabrications par S3L ou S3S.
  4. S3L (Ladder grip) : équivalent S3 avec une exigence supplémentaire d'adhérence aux échelles, pertinente pour les métiers d'accès en hauteur.
  5. S3S (Structural) : équivalent S3 avec une semelle textile anti-perforation renforcée, alternative à la semelle métallique.

Les compléments de marquage précisent les propriétés additionnelles :

  • FO : résistance aux hydrocarbures de la semelle extérieure.
  • SR : résistance à la glissade sur sol contaminé (norme EN ISO 20345 remplaçant l'ancien SRC).
  • ESD : caractéristiques électrostatiques dissipatives (industrie électronique, salles blanches).
  • CI : isolation contre le froid (utile en extérieur en hiver ou en chambre froide).

Comment choisir sa chaussure de sécurité femme ?

Cinq critères techniques structurent le choix :

  1. Identifier le niveau de protection nécessaire. Manutention légère et atelier propre = S1P. Chantier extérieur exposé à l'humidité = S3, S3L ou S3S. Milieu à risque électrostatique = compléter par ESD. Milieu froid extérieur ou chambre froide = compléter par CI.
  2. Choisir la hauteur de tige. Modèle LOW pour la mobilité (rotation talon, marche prolongée, ateliers sur sol plat). Modèle MID pour un maintien renforcé de la cheville (chantier extérieur avec terrain irrégulier, port de charges, échafaudage). La MID protège mieux contre les projections latérales mais réduit légèrement la mobilité.
  3. Vérifier la pointure et le chaussant. Les modèles Diadora Utility référencés couvrent la plage 35 à 48 en construction Mondopoint 10 (chaussant modérément large). Se référer à la longueur du pied en centimètres plutôt qu'à la pointure habituelle : les correspondances varient entre marques européennes, américaines et britanniques. Prévoir 5 à 10 mm d'aisance devant le gros orteil.
  4. Tester en fin de journée. Le pied gonfle au cours de la journée d'environ 4 à 5%. Essayer une chaussure de sécurité en fin de journée ou après une marche prolongée reflète mieux le confort réel au poste que l'essai à froid en début de matinée.
  5. Prévoir la période d'adaptation. Une chaussure de sécurité neuve demande une phase de rodage de 15 à 30 heures d'utilisation. Éviter de porter des chaussures neuves lors d'une journée à forte marche ou station debout prolongée.

Pour les femmes, la semelle intérieure amovible permet éventuellement l'insertion de semelles orthopédiques ; vérifier la compatibilité auprès du fabricant si une prescription médicale est en cours.

Cadre normatif et réglementaire

Les chaussures de sécurité relèvent d'un cadre normatif structuré :

  • Règlement (UE) 2016/425 : les chaussures de sécurité relèvent de la catégorie II (risques intermédiaires) sauf mention spécifique.
  • EN ISO 20345:2022 : norme de référence pour les chaussures de sécurité (embout 200 J), y compris les nouvelles catégories S3L (ladder grip) et S3S (structural).
  • EN ISO 20346 et 20347 : normes complémentaires pour les chaussures de protection (embout 100 J) et de travail (sans embout), non traitées ici car la sélection se concentre sur des chaussures de sécurité complètes.
  • Article R4323-95 du Code du travail : obligation employeur de fournir gratuitement les EPI adaptés au poste et à la morphologie du salarié.
  • INRS - Chaussures de sécurité et de travail ED 994 : brochure de référence sur le choix et l'utilisation des chaussures de sécurité selon les postes.

Entretien, durabilité et fin de vie

La durée de vie d'une chaussure de sécurité utilisée quotidiennement se situe entre 12 et 18 mois selon l'intensité d'usage et l'environnement. Les signes de remplacement sont : embout déformé, semelle usée à moins de 3 mm au niveau du talon, tige craquelée, doublure percée au niveau du talon, lacets impossibles à remplacer.

L'entretien courant comprend le nettoyage de la tige à l'eau tiède savonneuse (éviter les solvants qui dégradent le cuir et les collages), le brossage de la semelle après chaque poste sur chantier boueux, le séchage à l'air libre à distance des sources de chaleur (un séchage direct sur radiateur dégrade la structure interne). Pour les modèles à tige cuir, un cirage neutre régulier maintient la souplesse.

En raisonnement en coût de revient journalier, une chaussure à 130 € portée 12 mois sur 220 jours ouvrés revient à 60 centimes par jour, à mettre en regard du coût d'un accident du travail au pied (jours d'arrêt, coût médical, séquelles éventuelles).

Pour la fin de vie, la filière française Refashion (éco-organisme agréé REP TLC) collecte les chaussures professionnelles usagées non contaminées et les oriente vers des filières de recyclage matière ou de valorisation énergétique.

Questions fréquentes

Quelle différence entre S3, S3L et S3S ?

S3 est la catégorie historique, remplacée depuis la révision 2022 de la norme EN ISO 20345 par S3L et S3S selon le type de résistance à la perforation. S3L (Ladder grip) reprend les exigences S3 et ajoute une performance d'adhérence aux échelles, utile pour les métiers d'accès en hauteur. S3S (Structural) reprend les exigences S3 avec une semelle textile anti-perforation renforcée, alternative à la semelle métallique traditionnelle, plus souple et plus légère.

Une chaussure de sécurité femme est-elle une chaussure homme réduite ?

Non, pas dans les gammes correctement conçues. La morphologie du pied féminin diffère : voûte plus creusée, talon relativement plus étroit, drop talon-avant-pied souvent plus marqué. Une chaussure de sécurité femme sur patronnage dédié offre un chaussant plus stable et un meilleur confort au long cours. Une simple mise à petite pointure d'un modèle homme produit un chaussant instable qui peut à terme générer des troubles musculo-squelettiques (tendinites, douleurs plantaires, mal de dos).

Quelle pointure choisir en Mondopoint 10 ?

Le Mondopoint est un système de pointure basé sur la longueur exacte du pied en millimètres. Le suffixe 10 indique une largeur de chaussant modérément large. En pratique, mesurer la longueur du pied du talon à l'extrémité du gros orteil en fin de journée, et se référer à la grille de correspondance fournisseur. Une aisance de 5 à 10 mm au niveau du gros orteil est nécessaire pour absorber la dilatation en marche prolongée et éviter les échauffements.

Faut-il des chaussures ESD dans tous les milieux électroniques ?

Oui pour les postes exposés à des composants électroniques sensibles aux décharges électrostatiques. La certification ESD garantit une résistance électrique comprise entre 10^5 et 10^8 ohms, permettant l'écoulement contrôlé des charges statiques sans risque électrique pour l'opérateur. Elle est distincte de l'antistatique standard (A) et doit être combinée avec un revêtement de sol conducteur pour être pleinement efficace. À vérifier au titre de l'analyse de risque du poste.

L'employeur doit-il fournir les chaussures de sécurité ?

Oui. L'article R4323-95 du Code du travail impose à l'employeur de fournir gratuitement les EPI nécessaires, adaptés au poste et à la morphologie du salarié. Les chaussures de sécurité étant des EPI de catégorie II au minimum, cette obligation s'applique de plein droit. Le choix doit tenir compte des risques identifiés à l'évaluation (chute d'objets, perforation, glissade, électrique) et de la morphologie du pied (coupe homme ou coupe femme) au titre de la même obligation.

L'auteur

Jean-Paul CRENN dirige La Sélection du PRO, qu'il a fondé pour répondre aux besoins spécifiques des artisans et des professionnels, notamment en termes de qualité de service.